COUPE DU MONDE, FRIC IMMONDE

Il n’y a pas que les gilets jaunes ou les grèves dans la vie … Il y a le foot aussi !

En ce moment c’est la coupe du monde féminine … Une opportunité toute trouvée pour les Etats d’exciter la fibre nationaliste, et pour la FIFA de se parer de vertus féministes à bas coût mais avec un maximum de profit. Enfin, pas trop féministe non plus, les supportrices argentines n’ayant pas pu porter leur foulard vert pour soutenir le droit à l’avortement dans ce pays. Trop dangereux pour l’image des sponsors ?

Les sponsors parlons-en : la coupe du monde féminine de football est une nouvelle opportunité majeure pour l’équipementier leader. Nike équipe 14 des 24 sélections de la compétition. La présentation des maillots officiels a été l’occasion pour NIKE de lancer sa stratégie de conquête des consommatrices. La FIFA espère qu’un milliard de téléspectateur suivra la finale. C’est aussi la première fois qu’un maillot est spécialement conçu et fabriqué pour des femmes.

Le rapport du Collectif « Ethique sur l’étiquette » intitulé « Anti-jeu. Les sponsors laissent (encore) les travailleurs sur la touche », et publié en 2018, montre comment Nike, mais aussi ADIDAS et tous les équipementiers, ont adopté un modèle économique visant essentiellement l’accroissement de la valeur immatérielle de leur marque, en investissant de manière prioritaire (et démesurée) dans le sponsoring et le marketing. Ce modèle se traduit par une pression toujours lus forte pour faire baisser les coûts de main-d’œuvre, qui est très majoritairement féminine. Résultat, dans les usines de fabrication, situées principalement en Asie, les travailleuses touchent des salaires nettement inférieurs au nécessaire pour vivre dignement – un salaire vital – alors que les profits s’envolent.

Sur un maillot vendu 85 euros, les ouvrières touchent 60 CENTIMES. La marque elle fait une marge de 30 € et avec le distributeur (magasins de sport, grandes surface, etc …) ils empochent 92% du prix net !!!

Le Capitalisme n’est par « fair-play », c’est une compétition truquée où ce sont toujours les plus riches, les plus forts qui gagnent. Il est temps d’arrêter d’être spectateurs de l’exploitation et de siffler la fin de la partie !

La force d’une équipe c’est la solidarité. La force des travailleurs aussi.

Soutenez les ouvrières en lutte pour leur dignité, en Asie comme ailleurs.

CNT-AIT Paris / Banlieue

TRACT A TELECHARGER, IMPRIMER ET DISTRIBUER : AFFICHE Français / Bengali :

Pour en savoir plus :

https://ethique-sur-etiquette.org/

https://coupedumondefricimmonde.wordpress.com

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LES CHAMPIONS DU MONDE … DE L’EXPLOITATION DES FEMMES !

NIKE_2019

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Mondial féminin : la sécurité du Parc des Princes oblige des supportrices à retirer leurs t-shirts féministes

Par Christophe-Cécil Garnier

Des féministes sont allées supporter l’Argentine à Paris pour la Coupe du monde féminine de foot. Pour l’occasion, elles sont venues en T-shirts et foulards vert, couleur du combat pour l’IVG en Argentine. Mais la sécurité les en a empêché.

Liesse au Parc des Princes, pendant le Mondial féminin, ce mercredi 19 juin. L’Argentine réussit à égaliser face à l’Ecosse, lui donnant encore une chance de se qualifier pour les huitièmes de finale. Côté tribune, le résultat est entaché d’une faute : certaines supportrices féministes ont été censurées. Venues avec leurs T-shirts, foulards et maquillages verts. La couleur symbolise le combat pour le droit à l’avortement en Argentine, elles se sont tout fait confisquer par la sécurité du stade.

Avec huit de ses amies, Margaux Collet veut aller supporter l’Albiceleste. Cette militante féministe n’est jamais allée au Parc des Princes et souhaite participer à l’engouement pour le Mondial. Solidaires du mouvement pro-choix argentin, elle et ses amies avaient décidé de marquer le coup. « On s’est retrouvées un peu avant en se disant qu’on se mettrait bien en vert. On ne s’est pas du tout préparées en mode “commando”. C’est assez courant dans des événements culturels, comme le festival de Cannes, de montrer son soutien public à la campagne pour l’avortement en Argentine, même juste en ayant un foulard autour du poignet. On s’est dit que c’était l’occasion », raconte-t-elle. Le petit groupe achète du maquillage couleur jade avant la partie et se pointe avec des foulards autour du bras. Margaux a aussi un débardeur de la campagne pro-avortement qui lui avait été donné par une féministe argentine « avec des messages tout petit en espagnol » et un logo du Campo Aborto Legal dessus.

Mais, manque de bol, plusieurs groupes de supportrices, comme elles, se font arrêter par la sécurité du Parc des Princes avant la rencontre. Dès les portiques de sécurité, les premiers stadiers leur disent que les t-shirts verts sont interdits. « On a un peu éclaté de rire car on voyait des gens rentrer avec des t-shirts de toutes les couleurs. On a demandé pourquoi ils étaient interdits et j’ai dit que je n’allais pas me mettre toute nue », rembobine Margaux. Une amie du groupe, qui était venue avec un t-shirt vert sans savoir qu’elles allaient s’habiller avec ces couleurs, passe elle sans problème.

La sécurité briefée

Les stadiers sollicitent un responsable de la sécurité, qui appelle à son tour « le grand chef sécu ». L’homme en costume noir arrive en demandant : « C’est quoi ces foulards, pourquoi vous êtes là ? Vous êtes combien ? », se rappelle Margaux. Les femmes sont mises sur un côté en leur disant que ces t-shirts et ce vert-là sont interdits. Sans jamais prononcer le mot « avortement » et les raisons. A priori, le message politique ne serait pas au goût des organisateurs.

La sécurité ordonne à Margaux de se changer et fouille dans les besaces des féministes. Elle confisque son t-shirt et un autre qu’elle avait dans son sac, en plus des cinq foulards. Tous les éléments verts sont placés dans une consigne. Margaux les récupère après la rencontre. La sécurité prend également en photo les places des neuf jeunes femmes en leur disant qu’un membre de la sécu’ les « surveillera en permanence » durant le match.

« J’imagine qu’ils avaient peur qu’on tente un truc, qu’on sorte une banderole ou qu’on essaie de pénétrer sur les terrains. Ce n’était pas du tout dans notre idée », assure Margaux Collet.

D’autres féministes ont été empêchées d’entrer

Ailleurs dans le stade, onze membres de l’Assemblée des citoyens argentins en France (Acaf) n’ont, eux aussi, pas pu entrer dans l’enceinte. Ils ont aussi été repérés suite à leurs foulards verts. Camilla, une des membres, a aussi dans son sac un grand drapeau avec « Aborto Legal » marqué dessus. « Je l’ai caché parce qu’on m’a dit qu’on pouvait me l’enlever », se souvient-elle. L’ensemble est consigné, tout comme le Wiphala de Camille, un drapeau rectangulaire aux sept couleurs utilisées par les ethnies des Andes. « Ils ont dit que ça ne représentait pas les pays qui jouaient. J’ai demandé : “Donc je ne peux pas entrer avec un drapeau de la Bretagne ?”, ils m’ont répondu non. Alors qu’il y a toujours des drapeaux de tous les pays dans les stades. D’ailleurs, il y avait dans le stade un drapeau du Brésil, de la France et de l’Algérie », précise la membre de l’Acaf. Le groupe a pu déployer la banderole à l’extérieur du stade à la fin de la rencontre.

Camilla a aussi appris que des journalistes argentines qui couvraient l’équipe nationale n’ont pas pu aller dans les stades du Mondial avec des foulards verts, tout comme d’autre groupe nommés Alerta Feminista – un collectif féministe de latino-américaines en France – et les Batucada Guarichas Cósmikas, un autre collectif féministe. « Il y a une censure volontaire de la Fifa, c’est un peu affolant », estime Camilla. À l’inverse, une de ses connaissances a pu entrer dans le stade du Havre avec un foulard vert lors du match entre l’Argentine et l’Angleterre.

Le règlement établi par la Fifa, l’instance dirigeante du football, indique bien que tout objet de nature politique comme les vêtements, banderoles ou tracts sont interdits durant ce Mondial. Tout comme afficher ou exprimer des messages politiques. Mais le fait que la Fifa soit aussi stricte et renseignée sur les débats actuels argentins a surpris les militantes féministes. « On était très loin d’imaginer que les stadiers avaient connaissance des enjeux sur l’avortement en Argentine. Il y a un côté absurde à la situation. On a bien vu qu’ils avaient été briefés avant. C’est très subjectif leur manière de dire ce qui est politique ou non. Et le subjectif va rarement dans le sens du droit des femmes », estime Margaux.

Edit le 20/06/19 : Contactée, la Fifa a répondu après la publication de cet article : « Un stade de football ne peut pas être un lieu de revendication de quelque nature que ce soit et, ce, même si les causes sont louables. Hier, un groupe de personnes s’est présenté à l’entrée du Parc des Princes avec une banderole et des tee-shirts militant pour une cause politique. Conformément au règlement applicable dans les stades de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, France 2019, le Comité d’Organisation a refusé l’introduction de la banderole dans l’enceinte – dont la présence n’avait pas été déclarée au préalable – et demandé à ces personnes de ne pas entrer ainsi, ce qu’elles ont accepté sans manifester de mécontentement en ôtant leur tee-shirt avant de rejoindre les tribunes. »

Contactée, la FFF – qui fait partie du Comité d’organisation locale –, n’a pas répondu à la demande d’interview de StreetPress.

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Coupe du monde féminine de football 2019 : Nike, il est temps de miser sur les femmes sur tous les terrains

La coupe du monde féminine de football donne enfin une visibilité mondiale aux joueuses professionnelles, par l’investissement financier désormais massif des équipementiers sportifs, qui y voient un marché prometteur. Nous appelons ces dernier, Nike – qui sponsorise 14 des 24 équipes – au 1er plan, à ne pas ignorer les droits des ouvrières de leurs chaînes d’approvisionnement à gagner de quoi vivre dignement.

La coupe du monde féminine de football est une nouvelle opportunité majeure pour l’équipementier leader. Nike équipe 14 des 24 sélections de la compétition. La présentation des maillots officiels a été l’occasion de lancer sa stratégie de conquête des consommatrices. La FIFA espère qu’un milliard de téléspectateur suivra la finale. C’est aussi la première fois qu’un maillot est spécialement conçu et fabriqué pour des femmes.

Le rapport du Collectif « Ethique sur l’étiquette » intitulé « Anti-jeu. Les sponsors laissent (encore) les travailleurs sur la touche », et publié en 2018, montre comment Nike, talonné par Adidas, a adopté un modèle économique visant essentiellement l’accroissement de la valeur immatérielle de sa marque, en investissant de manière prioritaire (et démesurée) dans le sponsoring et le marketing. Ce modèle se traduit par une pression sur les coûts de main-d’œuvre, fixés désormais en dernier ressort. Résultat, dans les chaînes de fabrication, principalement en Asie, les travailleuses touchent des salaires en deçà du minimum nécessaire pour vivre dignement – un salaire vital – alors que les profits s’envolent.

Sur  un maillot vendu 90 euros, les travailleuses touchent moins de 1 euro ; la marque empoche autour de 18 euros de bénéfice net.

Nike, les droits des femmes, ce n’est pas que lorsque cela rapporte.

Le Collectif Ethique sur l’étiquette affirme que ce n’est pas à Nike de choisir les femmes qu’il faut soutenir. La campagne « Anti-jeu » lui demande, ainsi qu’aux grands équipementiers sportifs, d’adopter, en tant que donneur d’ordres, des pratiques garantissant un salaire vital aux ouvrières qui contribuent au premier plan à sa croissance économique sans égal dans les chaînes de sous-traitance de l’habillement.

Le Collectif Ethique sur l’étiquette rappelle enfin qu’attendre des seules multinationales l’adoption de pratiques respectant les droits fondamentaux au travail, est illusoire. Pour le Collectif, seule une régulation contraignante au niveau international, à l’image de la loi pionnière sur le devoir de vigilance adoptée en France en  mars 2017, et comme en a l’ambition le traité onusien « Multinationales et droits humains » actuellement en négociation pourra responsabiliser les acteurs les plus puissants de la mondialisation, et traduire les discours des Etats qui s’engagent à rendre la mondialisation plus humaines, en actes.

 

 

Le Collectif Ethique sur l’étiquette rassemble une vingtaine d’ONG, de syndicats et d’organisations de défense des consommateurs engagés pour défendre les droits humains au travail dans le monde et promouvoir un encadrement contraignant de l’activité des multinationales. Il est la branche française du réseau Clean clothes campaign.

Membres : ActionAid France, Association Léo Lagrange pour la défense des consommateurs, CCFD-Terre Solidaire, CFDT, CRID, Fédération Artisans du monde, FSGT, FSU, Indecosa CGT, JOC,  Ligue de l’enseignement, Ritimo, Solidarité Laïque, UFOLEP, Union Syndicale Solidaires.

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MANIFESTATION DES AUTONOMES CONTRE LA COUPE DU MONDE

C’était le 25 mai 78 …

Manifestation autonome contre la coupe du monde : « Pas de foot-ball en Argentine, Videla assassin, offensive et autonomie, CRS-SS enculés » quatre cents manifestants casqués et cagoulés quittent la faculté de Jussieu, après avoir joués au chat et à la souris avec les CRS, ils attaquent la faculté de droit d’Assas avec un nombre impressionnant de molotovs en brisant les barrières de sécurité. Le « Lefac » (rebaptisé Lefaf) un café fréquenté par l’extrême droite est également incendié alors qu’un hélicoptère de la gendarmerie survole le cortège. L’hôtel Lutetia (QG de la Kommandantur durant la guerre) est saccagé en devanture alors que certains attaquent l’avant-garde des CRS, un car brûle, les policiers reculent. Les policiers arrivent en nombre après la dispersion : aucune interpellation (Libération du 26/05/78).

 

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« La Coupe du monde, une aliénation planétaire »

Fabien Ollier est philosophe et directeur de la revue Quel sport ? Il a publié un grand nombre d’ouvrages participant de la critique radicale du sport dont notamment L’Intégrisme du football en 2002, Footmania en 2007, Le Livre noir des J.O. de Pékin en 2008. A quelques jours de l’ouverture de la Coupe du monde de football, Fabien Ollier dresse un état des lieux sans concession de cette grand-messe planétaire orchestrée par « la toute-puissante multinationale privée de la FIFA ».

Vous comparez le sport en général, le football en particulier, à une aliénation planétaire. Que vous inspire la Coupe du monde ?

Fabien Ollier : Il suffit de se plonger dans l’histoire des Coupes du monde pour en extraire la longue infamie politique et la stratégie d’aliénation planétaire. Le Mondial sud-africain ne fait d’ailleurs pas exception à la règle. L’expression du capital le plus prédateur est à l’œuvre : les multinationales partenaires de la FIFA et diverses organisations mafieuses se sont déjà abattues sur l’Afrique du Sud pour en tirer les plus gros bénéfices possibles. Un certain nombre de journalistes qui ont travaillé en profondeur sur le système FIFA ont mis en évidence le mode de fonctionnement plutôt crapuleux de l’organisation. Ce n’est un secret pour personne aujourd’hui. De plus, il y a une certaine indécence à faire croire que la population profitera de cette manne financière. Le nettoyage des quartiers pauvres, l’expulsion des habitants, la rénovation luxueuse de certains townships ont été contrôlés par des « gangs » qui n’ont pas l’habitude de reverser les bénéfices. Avec la majorité de la population vivant avec moins de 2 euros par jour, cet étalage de richesse est pour le moins contestable.

Le déploiement sécuritaire censé maintenir l’ordre, assurer une soi-disant paix civile n’est autre en réalité que la construction d’un véritable Etat de siège, un Etat « big brother ». Les hélicos, les milliers de policiers et de militaires ne sont là que pour contrôler, parquer la misère et protéger le luxe, pour permettre aux pseudo-passionnés de football de « vibrer ». La mobilisation de masse des esprits autour des équipes nationales induit la mise en place d’une hystérie collective obligatoire. Tout cela relève d’une diversion politique évidente, d’un contrôle idéologique d’une population. En temps de crise économique, le seul sujet qui devrait nous concerner est la santé de nos petits footballeurs. C’est pitoyable.

Pourtant, les Français sont plutôt critiques avec leur équipe nationale.

On assiste plutôt à la réduction de chaque citoyen en analyste de café des sports par un processus d’identification. C’est un supportérisme obligatoire déguisé en « pensée critique », dans les bons comme dans les pires moments. Il existe en réalité une propension du plus grand nombre à réclamer sa part d’opium sportif. Mais pour que le désamour des Français à l’égard des équipes de mercenaires millionnaires évolue en véritable prise de conscience, je souhaite que l’équipe de France ne passe pas le premier tour. Leur manière de jouer si mal tout en étalant de manière indécente un rythme de vie particulièrement nauséabond est la preuve d’une morgue terrible vis-à-vis de quelques principes éthiques et moraux élémentaires. Malheureusement, chaque victoire de l’équipe de France fait reculer de plusieurs centimètres la pensée critique dans ce pays. Je n’apprécie pas le développement du totalitarisme sportif. Nous venons d’en finir avec Roland-Garros, le Mondial prend place et nous aurons ensuite le Tour de France. Le système des retraites peut être pulvérisé en silence.

Comment appréhendez-vous alors le succès français en 1998 analysé et célébré par de nombreux intellectuels comme un événement positif dépassant le simple cadre sportif ?

La victoire de l’équipe de France a généré une défaite de la pensée. De nombreux intellectuels ont choisi de descendre dans les vestiaires au lieu de s’emparer de domaines sociopolitiques d’importance. Ils mettent en œuvre une pensée caricaturale qui consiste à constater amèrement les dérives du sport mais à noyer le tout dans un discours idéaliste sur les « valeurs positives » du sport : « Oui, le sport entraîne parfois des comportements limites mais je ne peux pas faire autrement que de m’y laisser prendre ». Trop d’intellectuels ont succombé aux « passions vibratoires » et aux « extases » sportives ; ce sont eux qui légitiment à présent l’horreur sportive généralisée : violences, dopage, magouilles, crétinisme des supporters, etc.

Votre thèse réfute l’idée du football ou du sport en général comme simple reflet de la société avec son lot de violences.

En effet, une grande partie de ceux qui défendent le sport et le football les dédouanent en leur conférant un simple effet miroir d’une société violente. « On ne peut pas demander au football d’être moins violent que la société ». A mon sens, il n’est pas seulement le reflet, le football est également producteur de violences sociales, générateur de violences nouvelles. Il impose un modèle de darwinisme social. Cela tient à sa structure même : le football est organisé en logique de compétition et d’affrontement. Jouer ce spectacle par des acteurs surpayés devant des smicards et des chômeurs est aussi une forme de violence. Une logique contradictoire se fait d’ailleurs jour. D’un côté, les supporters ont conscience du fait que les sportifs gagnent des sommes folles par rapport au néant qu’ils produisent mais de l’autre côté, dans une soif d’identification liée à leur propre misère, il y a une impossibilité à ne pas « rêver » devant cette marchandise vivante qui démontre que l’on peut se hisser au sommet de l’échelle.

Une autre image d’Epinal du football lui attribue un rôle d’exutoire des nationalismes et des guerres.

La symbolisation de la guerre n’existe pas dans les stades, la guerre est présente. Le football exacerbe les tensions nationalistes et suscite des émotions patriotiques d’un vulgaire et d’une absurdité éclatants. Je réfute l’idée d’un procès de civilisation. Le sport provoque une forme de violence différente, moins évidente qu’une bombe mais ne participe absolument pas à un recul de la violence. Il y a de multiples coups d’épingle à la place d’un grand coup d’épée.

Vous regrettez le ralliement de la gauche aux valeurs de droite léguées par le sport de pointe. En quoi consiste-il ?

Le sport est indéniablement politique. A ce titre, il génère des valeurs politiques. Il est intéressant d’essayer de savoir si ces valeurs sont de droite ou de gauche. Il me semble que la gauche a rompu avec ses valeurs pour se rallier au modèle de droite fondé sur le principe de rendement, de hiérarchie et de compétition. Voir Marie-George Buffet dénoncer le foot-spectacle et se retrouver en finale de la Coupe du monde 98 vêtue du maillot et criant ses encouragements à l’équipe de France, c’est assez schizophrénique. Il y a une défaite politique de la gauche vis-à-vis de la stratégie de développement capitalistique effectuée par le sport de pointe à travers les multinationales privées qui l’organisent tels que la FIFA, l’UEFA et le CIO. L’exemple de l’attribution de l’Euro 2016 à la France est frappant. A gauche, les Verts, le PCF ont signé une lettre de soutien à la FFF. Par cet acte, ils ont fourni un blanc-seing à toute forme de dilapidation de l’argent public. En période de crise, comment la gauche peut-elle ne pas être sensible à l’attribution d’une enveloppe d’1,7 milliard d’euros à la rénovation des stades ? Il paraît incroyable que cela soit des multinationales privées qui décident de ce qu’un Etat doit mettre en œuvre en matière de politique économique.

Propos recueillis par Anthony Hernandez

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EURO 2016 : PAS SUR NOTRE DOS !

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